Comment collectivités et particuliers peuvent-ils consommer moins d’eau ?
Chaque été ou presque, le même constat revient : restrictions d’usage, nappes phréatiques sous surveillance, cours d’eau fragilisés, épisodes de sécheresse plus fréquents. Face à cette pression croissante sur la ressource, le Plan Eau fixe un objectif national de réduction de 10 % des prélèvements d’ici 2030. Et invite à une nouvelle approche, la sobriété hydrique, qui ne consiste pas à se priver mais à utiliser l’eau de manière plus raisonnée.
D’après EauFrance, le rendement moyen des réseaux d’eau potable français est de 84,3 %, ce qui signifie qu’environ 15,7 % de l’eau potable mise en distribution est perdue, principalement à cause de fuites dans les canalisations. Mais la ressource en eau ne se résume pas à ce qui coule au robinet. Chaque pluie qui ruisselle sur une chaussée, un parking ou une toiture sans être infiltrée, collectée ou traitée est, elle aussi, une eau qui échappe au cycle naturel et qui, en s’accumulant, alimente à la fois le ruissellement et la pollution des milieux aquatiques. Réduire sa consommation d’eau potable et mieux gérer l’eau de ruissellement sont donc les deux faces d’un même enjeu : préserver une ressource de plus en plus sous tension.
Les particuliers ont, eux aussi, un rôle à jouer sur le premier volet. Chacun consomme en moyenne 145 litres d’eau potable par jour, soit environ 53 m³ par an. Pourtant, seulement 1 % de cette eau est destinée à la boisson : la majeure partie est utilisée pour l’hygiène, les sanitaires, le lave-linge… En complément des actions menées par les collectivités, quelques gestes simples et des équipements adaptés permettent de réduire cette consommation.

Collectivités : moderniser les réseaux et maîtriser l’eau de ruissellement
Réduire les pertes sur les réseaux d’eau potable
L’un des premiers leviers à disposition des collectivités consiste à améliorer les réseaux d’eau potable. La recherche active de fuites, le renouvellement des canalisations les plus anciennes ou encore le déploiement de capteurs de surveillance permettent de limiter les pertes. En moyenne, seulement 0,69 % du réseau est renouvelé chaque année — à ce rythme, il faudrait près de 145 ans pour renouveler l’ensemble des canalisations, ce qui illustre l’importance de prioriser les interventions sur les secteurs les plus sensibles.
Gérer l’eau de ruissellement à la source : infiltration et désimperméabilisation
C’est sur ce second volet que les collectivités disposent aujourd’hui des marges de manœuvre les plus larges. Désimperméabiliser les sols et favoriser l’infiltration à la source, plutôt que d’évacuer l’eau le plus vite possible vers les réseaux, permet à la fois de recharger les nappes phréatiques et de réduire la pression sur les ouvrages d’assainissement lors des épisodes pluvieux intenses. C’est cette logique qu’a retenue la métropole de Bordeaux avec le démonstrateur d’infiltration de Mérignac Beaudésert, où chaque goutte de pluie est désormais infiltrée plutôt que perdue. Sur le terrain, plusieurs solutions techniques permettent de la décliner : pavés drainants, noues et ouvrages végétalisés, ou encore ouvrages de stockage et de régulation qui temporisent l’eau avant sa restitution au milieu naturel.
Dépolluer les eaux de ruissellement avant leur rejet
En ruisselant sur les chaussées, les parkings ou les toitures, l’eau de pluie se charge de matières en suspension et de micropolluants. Sans traitement, ces polluants se retrouvent directement dans les cours d’eau. Des ouvrages de dépollution dédiés permettent de traiter cette eau avant rejet : c’est le cas des décanteurs hydrodynamiques DDSELECT. Capables de capter jusqu’à 100 % des macro-déchets et 95 % des micropolluants de taille médiane 63 microns, ils fonctionnent sans dispositif énergivore ni maintenance lourde.
S’appuyer sur les solutions fondées sur la nature
Les espaces verts eux-mêmes deviennent des outils de gestion de l’eau. Noues végétalisées, jardins de pluie, toitures végétalisées : ces solutions fondées sur la nature combinent efficacité hydraulique, biodiversité et adaptation au changement climatique, à condition d’être conçues, gouvernées et entretenues dès l’origine du projet. Le choix d’espèces adaptées au climat actuel et à son évolution, ainsi que des systèmes d’arrosage intelligents, complètent ce dispositif sans compromettre la qualité des aménagements paysagers.
Rendre les bâtiments publics plus hydro-économes
Les bâtiments publics peuvent également être modernisés avec la mise en place de dispositifs hydro-économes tels que des robinets temporisés, tandis qu’un suivi régulier des consommations facilite la détection rapide d’éventuelles anomalies.

Particuliers : des gestes simples, au service de la même logique
À l’échelle des foyers, les économies d’eau passent avant tout par une meilleure maîtrise des usages. L’installation de mousseurs sur les robinets, de douchettes économes ou de chasses d’eau à double débit permet de réduire les volumes consommés sans perte de confort. Réparer rapidement une fuite évite également un gaspillage important au fil des mois.
Quelques habitudes permettent, elles aussi, de limiter les consommations : privilégier une douche de 5 minutes (50 litres) à un bain (175 litres), utiliser les appareils électroménagers lorsqu’ils sont pleins, fermer le robinet pendant le brossage des dents, le rasage, le lavage des mains … ou encore récupérer l’eau de pluie ou celle qui a servi au lavage des fruits et légumes, pour l’arrosage du jardin. À l’échelle d’une parcelle, cette dernière pratique participe, à sa mesure, de la même logique que les grands ouvrages d’infiltration portés par les collectivités : chaque goutte retenue est une goutte qui ne ruisselle pas. Le choix de plantes adaptées au climat et le paillage des massifs permettent également de réduire les besoins en eau.
La préservation de la ressource en eau repose sur une approche complémentaire. Les collectivités disposent de leviers structurants : modernisation des réseaux, désimperméabilisation, dépollution à la source et solutions fondées sur la nature… pour mieux gérer à la fois l’eau potable et l’eau de ruissellement, tandis que les particuliers peuvent agir à leur échelle grâce à des équipements performants et à quelques gestes du quotidien. En combinant ces actions, les territoires gagnent en résilience face aux tensions croissantes sur la ressource et aux épisodes pluvieux qui s’intensifient. Découvrez l’ensemble de nos solutions pour la gestion de l’eau.